Le beffroi de la liberté, 1918

Rynek, Kraków

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En 1918, un évènement historique se déroula au pied du beffroi de l’Hôtel de Ville : le corps de garde autrichien fut désarmé et investi par la garde polonaise. Le drapeau polonais blanc et rouge fut hissé sur le beffroi pour la première fois depuis 123 ans, en signe de la libération de la ville du pouvoir de l’occupant. C’est pourquoi on a donné au beffroi de l’Hôtel de Ville le nom symbolique de « Beffroi de la liberté ».

Le 31 octobre 1918 à midi, un détachement de soldats polonais commandé par le lieutenant Antoni Stawarz prit possession du corps de garde – un petit bâtiment de style néogothique accolé au beffroi de l’Hôtel de Ville, qui servait de poste de garde de la garnison autrichienne. Après l’expulsion des soldats de l’occupant, les soldats polonais y furent postés pour la première fois depuis plus d’un siècle. Cette opération sans grand intérêt militaire, avait toutefois une portée symbolique et médiatique considérable : l’expulsion des soldats autrichiens du centre de la ville constituait un signe éclatant de la libération de Cracovie.

Lors du premier anniversaire de cet évènement une grande manifestation patriotique sur la Place du Marché rassembla les participants à la libération de Cracovie. On mit aussi en scène la reprise symbolique du corps de garde par les Polonais aux Autrichiens, qui devint une célébration traditionnelle répétée d’année en année jusqu’au début de la IIe Guerre Mondiale. En 1946 le bâtiment du corps de garde fut détruit – selon les autorités communistes il était nécessaire de retirer de l’espace public les traces du démembrement de la Pologne. En réalité, c’est un symbole de la libération de Cracovie qui fut détruit. Dès 1989 la tradition de la mise en scène de la reprise historique du corps de garde a été restituée – elle se déroule au pied du beffroi, sur l’emplacement du corps de garde détruit. Par ailleurs deux plaques ont été apposées sur ses murs pour commémorer les évènements du 31 octobre 1918.

A proximité du beffroi, sur la Place du Marché se trouve une autre plaque ; celle-ci rappelle le serment de Tadeusz Kościuszko du 24 mars 1794. C’est ce jour que commença l’Insurrection de Kościuszko contre les Russes et les Prussiens, ingérant dans les affaires intérieures de la République de Pologne en déclin. Le général Kościuszko participa ce jour-là à une messe à l’église des Capucins de la rue Loretańska, puis se rendit sur la place du Marché pour s’adresser aux Cracoviens : « Moi, Tadeusz Kościuszko, je jure devant Dieu à toute la Nation Polonaise de ne pas profiter du pouvoir qui m’est confié pour opprimer quiconque mais de l’administrer uniquement pour la défense des frontières, le recouvrement de l’autonomie de la Nation et le la consolidation de la liberté générale ».

Le voisinage de la plaque commémorant le serment de Kościuszko et du beffroi de l’Hôtel de Ville constitue un lien symbolique de ces événements: l’endroit où Kościuszko commença la lutte pour la liberté devint l’arène des événements qui annonçaient la renaissance de la souveraineté polonaise.

 

Rynek, Kraków
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